BUREAU DE PRESSE SABINE ARMAN

UBU ROI // Cie Des Dramaticules

UBU ROI

D’après Alfred Jarry

Adaptation et mise en scène Jérémie Le Louët

Création

Au Théâtre de Châtillon du 14 au 29 novembre 2014

Lundi, mardi, jeudi, vendredi et samedi à 20h30, dimanche à 15h30

Relâche les 16, 19 et 26 novembre

 

Présentation / Jérémie Le Louët

Voici une histoire de monstres : celle d’un couple qui vocifère, complote, se goinfre, se bat, trahit, s’enrichit, détruit, s’enfuit… Dès la première scène, Shakespeare et son Macbeth sont convoqués puis, très vite, on voit débarquer Pantagruel, Sganarelle, Faust, Hérode, Don Quichotte… Dans ce chaos infernal, on voit aussi apparaître très nettement – et ce n’est pas surprenant – quelques personnalités historiques du 20e siècle et du 21e siècle.

Mais Ubu Roi, c’est d’abord l’histoire d’une pièce qui a tout bouleversé : public, auteurs, directeurs de théâtre, acteurs, metteurs en scène…

Difficile de séparer Jarry de son fameux personnage. C’est sans doute la rançon de la gloire mais quel dommage de méconnaître Faustroll, Le Surmale ou L’autre Alceste qui éclairent Ubu Roi, en nous éclairant sur son auteur. Jarry est un esprit libre et indépendant à la prose raffinée, parfois jusqu’au maniérisme, parfois jusqu’à l’insensé.

En 1896, Jarry a 23 ans. Il s’apprête à provoquer, en toute conscience et avec la complicité de l’avant-garde littéraire parisienne (Marcel Schwob, Rachilde, Mallarmé), l’un des plus mémorables scandales de l’histoire du théâtre. On n’avait rien vu de tel depuis la bataille d’Hernani. Jarry a rêvé son Ubu comme une claque à tous les académismes, à tous les conservateurs et à tous les mondains. En écrivant cette espèce de pièce, il ambitionne de redéfinir tous les fondamentaux du théâtre : dramaturgie, convention, interprétation, décor, costumes, accessoires, lumière etc.

Dans Ubu Roi, Jarry invente une anarchie créatrice qui réfute tout didactisme, toute règle, et bafoue la tradition et les habitudes si chères au goût bourgeois. Tout y est excessif, emphatique, hyperbolique, ubuesque. Cet adjectif de la langue française lui rend hommage pour qualifier ce comique insondable, vertigineux, poussé jusqu’à l’absurdité totale. Antonin Artaud se souviendra de Jarry lorsqu’il choisira un nom pour sa première entreprise théâtrale.

Ubu Roi accompagne mon parcours de metteur en scène depuis la création de la Compagnie des Dramaticules. Artaud et Jarry sont les figures auxquelles je me réfère le plus régulièrement. Pas un de mes projets sans que leur sens de l’artisanat, leur violence dans l’humour, leur lucidité dans le chaos ne soient convoqués.

Mon Ubu, comme tous mes projets, est un projet de jeu. Pas de sacralisation du texte dans Ubu Roi, anti-pièce des anti-pièces. Mise en abîme permanente de la représentation, remise en question de la place du spectateur, interpolations, citations et critiques : la pièce est mise en pièces. La scénographie est au service des acteurs. Pas de grosse structure, mais des tables dressées pour des banquets pantagruéliques ; il s’agit pour les protagonistes de bien se remplir la panse et les poches, de boire pour se vider la tête, et de parler, proférer, vociférer jusqu’à épuisement. La lumière prend en charge la structuration de l’espace et le séquençage narratif. Les couleurs sont saturées et outrageusement subjectives. Les costumes sont anachroniques et délibérément théâtraux. Les entrées et les sorties des acteurs se font à vue, les coulisses faisant partie intégrante du terrain de jeu. Sur le plateau, les artifices théâtraux sont revendiqués comme accessoires et comme signes : projecteurs utilisés comme éléments scénographiques, chaises ou bancs pour les acteurs qui ne sont pas en jeu, portants pour les costumes, paravents, micros sur pied, couronnes, armures, revolvers…

Dans cette « grande bouffe » barbare, les tableaux ne se suivent pas, ils se percutent, se contestent et se répètent sur le mode emphatique, ironique et critique. C’est une mise en crise obstinée de la représentation à laquelle nous avons à faire. Et dans cette entreprise de démolition, Jarry ne demande qu’à être brutalisé.

 


Dates de tournée

2014

2 décembre à 20h30 – Théâtre d’Issoire
6 décembre à 20h30 – Centre culturel des Portes de l’Essonne 11 décembre à 20h30 – Centre d’art et de culture de Meudon 16 décembre à 20h30 – Théâtre de Chartres

2015

7 janvier à 20h30 – Carré Saint-Vincent à Orléans (prog. de l’ATAO)
17 janvier à 20h30 – l’Espace Marcel Carné à Saint-Michel-sur-Orge
20 janvier à 14h30 et 20h – Théâtre des Feuillants à Dijon (prog. de l’ABC)
22 janvier à 14h30 et 19h30 et 23 janvier à 10h – Théâtre de la Madeleine, scène conventionnée de Troyes

26 janvier à 14h30 et 27 janvier à 20h30 – Théâtre de Corbeil-Essonne
31 janvier à 20h45 – Théâtre Roger Barat à Herblay
5 février à 20h30 – Théâtre d’Auxerre
7 février à 20h30 – Pôle Culturel d’Alfortville
10 février à 20h30 – Salmanazar, centre de création et de diffusion d’Epernay
Du 12 au 14 février à 21h – Théâtre Jean Vilar à Suresnes
17 février à 20h30 – Théâtre-Auditorium de Poitiers (prog. des ATP)
19 février à 20h30 au Théâtre du Cloître à BellacCapture d’écran 2014-09-15 à 14.26.51

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Cette entrée a été publiée le 15 septembre 2014 par dans THÉÂTRE, et est taguée , , .
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